Lettre ouverte à 2018

Chère année 2018, nous sommes aujourd’hui le 26 décembre et dans quelques jours, nous changerons d’année. 2019 arrive à grands pas et je ne vais pas te le cacher, je l’attends avec impatience, depuis un moment maintenant. Oui, je souhaite te laisser derrière moi, non sans émotions car plus on vieillit, plus on se rend compte du temps qui passe et de ce fait il devient précieux. Pourtant, chère année passée, tu n’as pas été de tout repos.

En 2017, j’avais réussi à convaincre mon mari. Il lui fallait juste encore un peu de temps, ce que je peux comprendre. Du temps pour quoi ? Pour être totalement à l’aise avec l’idée de devenir père. Ce site ne s’appelle pas envies de famille pour rien, mais c’est la première fois que j’en parle ici. De toute façon, vous vous êtes bien rendu compte qu’ici, il y a un chat, un chiot, mais pas d’enfant… pas de bébé à l’horizon.

Bref, au passage en 2018 j’ai souhaiter tomber enceinte cette année. Monsieur était d’accord, on essayerai dans les prochains mois. J’étais toujours sous stérilet, rappelle toi, c’était mon tout premier article, qui me tenait tant à cœur, celui qui m’a donner envie de me lancer.

Revenons à Janvier. Je ne fais jamais de bonne résolutions, je t’expliquerais pourquoi en début d’année prochaine, mais j’avais décider de bosser tout de même plus dur, ma boite venant d’être rachetée, je me faisais bercer de belles promesses de prospérité comme mes chères collègues, nous étions donc remontées à bloc, prêtes à aller à la conquête des primes annoncées par notre patron. L’année commençais bien… enfin, j’y croyait.

Ce premier mois à été plutôt gratifiant, la barre remontait doucement, j’avais eu une prime qui me permettait de croire aux prochaines.
J’ai aussi fait un check-up chez mon médecin généraliste pour voir si tout allait bien au niveau prise de sang, toxoplasmose etc, et cela fait, j’ai pris rendez-vous chez une gynécologue pour me faire enlever mon stérilet. Le rendez-vous à été pris pour avril, de longs mois d’attente s’annonçaient donc. Quand on n’est pas encore enceinte, ils n’ont jamais de place, par contre les places se libèrent miraculeusement, d’après les copines, lorsque la bonne nouvelle arrive… J’allais donc devoir attendre.

Depuis toujours avec Thomas nous voulions une chienne. Habitant en appartement, nous avions adopter Lola notre chatte à la SPA en 2010, sentant que ce serait plus facile pour elle comme pour nous. Mais ce n’était pas pareil. Même si nous l’aimons de tout notre cœur, nous voulions un chien.

Pour Thomas, c’était aussi une façon de me tester sur ma future maternité… Bon, ça peut paraître étrange, mais pas tant que ça quand on le connait. Ayant déménager un an auparavent pour plus grand, nous avons décider de nous lancer fin février en adoptant Nikita, trois mois, chiot de la SPA. Elle à agrandi notre famille, et en à fait pleinement parti dès le premier jour.

Elle était un vrai bébé à l’appartement, nous réveillant toutes les deux à trois heures la nuit tout le mois de mars, nous vivions ce semblant de parentalité à fond. Nous étions crevés mais heureux, elle avait une énergie folle et malgré le manque de sommeil, nous enchainions les balades. Elle nous à sorti de notre quotidien casanier et nous à redonner vie. Rien que pour cela, je ne l’aimerais jamais assez.

Je ne vais pas te mentir, crevée, mes résultats s’en s’ont fait ressentir au travail. Comme quoi, il ne fallait pas prendre de bonnes résolutions ! En tout cas, la prime m’est passée sous le nez…

Début mai nous avons commencé les randonnées un peu plus longues, en commençant par le Pic Saint Loup, et c’est à ce moment là que j’ai décider d’ouvrir un compte instagram, car je trouvais que notre vie de famille devenait intéressante à partager, et le serait de plus en plus avec ma grossesse qui je l’espérait, arriverait bientôt.

Le rendez-vous avec la gynécologue c’est très mal passé, je vais te passer les détails mais pour résumer c’était une vieille contre les stérilets, encore plus contre les stérilets posées aux nullipares. Elle n’a pas trouver les fils, et à chercher à me faire peur, me disant que si suite à une échographie pelvienne elle ne les voyait pas, il faudrait me faire une anesthésie générale et m’opérer.

Elle m’a fait un frotti sans me demander mon avis et me demande donc de prendre rendez-vous pour aller faire cette écho, et une fois les résultats sorti, reprendre rendez-vous avec elle. Plusieurs mois ce seraient donc écoulés. Elle m’affirmait en plus que je ne devrait pas faire d’essai bébé avant deux à trois mois après retrait, sous peine de fausses couche.

Bien évidement depuis je me suis renseigner et cette femme était un sketch ambulant qui à dû obtenir son diplôme dans une pochette surprise. Mais n’empêche que sur le moment j’ai été choquée, et ce durant plusieurs semaines, jusqu’à ce que j’aille voir un monsieur gynécologue qui à été très pro et rassurant. Eh oui, je n’allais pas retourner chez cette folle qui m’avais mise si mal. Comme quoi, les hommes gynéco, plus d’à-priori !

Entre ces deux visites de santé, j’ai eu un appel de ma maman un matin sur la route pour aller au travail. Elle m’annonce que mon petit frère ne va pas bien du tout, qu’il à des soucis de santé et qu’il ne souhaitait pas que je sois au courant pour ne pas m’inquiéter. Mais là elle m’appel car elle craque et que c’est trop lourd à porter. Le choc ! Bien sûr que j’avais le droit de savoir ! Ce n’est pas parce que je ne vis plus dans la même région que je me désintéresse d’eux…

Crises de larmes sur la route, ma mère se veut rassurante mais n’arrive pas à l’être. Je décide d’annoncer à mon frère notre projet. Il sera le seul à savoir avant même la conception, je vais me confier, le but est de lui donner du baume au cœur. Je ne sais pas si ça à fonctionner sur lui mais ça marche sur moi. J’arrive au bureau en pleurs en me disant que cette année craint vraiment trop.. désolée 2018, mais sérieusement, tu t’es défoulée là…

L’été arrive, et les beaux jours éclairent l’horizon, je n’ai plus de protection depuis mai, mais nous prenons notre temps pour les essais car les paroles de cette vieille folle ont laissées des séquelles irrationnelles. Je voulais laisser la nature faire, mais j’ai la sensation d’avoir déjà trop attendu, alors je compte mes cycle et mes périodes d’ovulation dans le dos de mon mari.

Bien sûr, il me connaît par cœur et comprend très vite ce que je fais, et il déteste de plus en plus cette pression que je lui impose. Notre couple est mis à rude épreuve. Nous sommes de mauvaise humeur, agacés par les aléas de la vie et l’un par l’autre. C’est difficile. C’est notre dixième année ensemble et on en a vécu des hauts et des bas. Alors on parle, des heures et des heures. On voit que l’on ne s’est pas fait comprendre, alors on recommence. Encore.

Cette ambiance n’est pas propice aux câlins et à la conception alors cela n’avance plus, et on se dit que c’est surement mieux comme ça, et on s’avoue l’un l’autre ne pas vouloir continuer à essayer tant que ça ne va pas mieux entre nous. On est au moins d’accord sur un point : un bébé ne doit pas être un pansement du couple… c’est trop dangereux. Alors on met ce si beau projet, qui à ouvert 2018, en pause….

Je n’ai pas réussi à le dire à mon frère, pourtant il va beaucoup mieux. Mes parents on été très présent pour lui, sa petite amie aussi. Il relève la tête, avance, et c’est bien là le principal, même si ce n’est pas terminé.

On arrive à la fin de l’été et la boite dans laquelle je travaille va de plus en plus en plus mal. Je suis passé outre. On a relevé la tête quelques mois en début d’année puis les investisseurs ont décider de nous lâcher, de nous laisser couler… nous ne sommes pas assez rentable apparemment. Du coup, depuis avril les salaires stagnent voir baissent. Je pense que sans mes autres problèmes à gérer je l’aurais aussi mal vécu que toutes mes collègues parties en arrêt maladie. C’est marrant cette volonté qui se décuple quand le vent devient tempête, on découvre que l’on a les épaules solides…

Je dois bien avouer qu’en mai ça à été dur, le directeur s’étant un peu (beaucoup) lâché en me hurlant dessus en réunion, j’ai fait des crises d’angoisses et ait eu besoin de quelques semaines pour relever la tête… mais très franchement, j’avais d’autres chats à fouetter, alors je suis revenue comme si de rien n’était, ou presque.

Alors j’ai eu la sensation, chaque jour, de regarder cette société, dans laquelle j’ai évoluer depuis trois ans, dans laquelle j’ai beaucoup appris, dans laquelle je me suis fait de chouettes copines/collègues, couler, doucement mais surement, d’un regard extérieur, certains jours je me donnais à 100%, d’autres j’étais plus fataliste.

J’ai essayer des actions avec les collègues. On a vu un syndicat. Un sketch à lui tout seul. On a pris des renseignements en droit du travail auprès de personnes qualifiées, on a vu une avocate. Résultats, les conseils sont tous pessimistes. On nous laisse couler mais c’est leur droit.

Donc on en est là chère année 2018. Je ne suis toujours pas enceinte, je suis en train de perdre mon travail, mon couple se remet doucement mais tu l’as bien fragilisé, et mon frère se remet lui aussi… Tu ne m’aura pas épargné. Heureusement, tu as mis Nikita sur ma route. Elle est chaque jour notre rayon se soleil et nous force à sortir, sourire et relever la tête. Merci pour cela, elle est mon bonheur de cette année.

Alors bien sûr, il y a toujours pire, mais je ne souhaite le pire à personne, donc j’espère juste le mieux. Je te laisse derrière moi et la semaine prochaine, j’écrirai à 2019, en croisant les doigts pour que l’année prochaine me réserve le meilleur.


Publié par

enviesdefamille

Jeune femme qui apprécie la lecture et l'écriture, j'ai abandonné le blogging il y a bien longtemps en pensant que c'était pour les adolescents / jeunes adultes. Aujourd'hui, je le redécouvre, étonnée de m'être à ce point trompée. Le blogging à évoluer avec notre génération et il s'est démocratisé. Il faut chercher et s'y perdre, mais des pépites s'y trouvent. Je souhaite être l'un d'entre elle à vos yeux.

8 réflexions au sujet de « Lettre ouverte à 2018 »

  1. J’ai lu ton article à haute voix aux parents et on est très émue et moi le premier… gros bisous et je serais egalement le premier a te souhaiter la meilleure année possible pour toi et ta petite famille en 2019 , je t’aime fort fort fort gros bisous ❤😍

  2. Je te souhaite pleins de courage car ce que tu vis professionnellement je l’ai vécu il y a 3 ans…
    La conception de bébé est très très prise de tête surtout quand ça ne fonctionne pas correctement, je vais rentrer dans ma 4ème année de PMA et c’est très très dure physiquement mais aussi psychologiquement…
    Je souhaite que tout s’arrange pour vous en 2019, quand on y croit et qu’on se bat on finit toujours pas y arriver.

    1. Mince, je ne me serais pas doutée pour cette épreuve qu’est la PMA, quelle aventure douloureuse que tu vous vivez là avec ton homme. Heureusement que vous êtes si solides ensemble !Ce que tu as vécu professionnellement , comment cela s’est terminé ? Je croise les doigts pour vous en 2019 pour que la vie vous offre une vie 🤰🤱 Merci d’avoir pris le temps de m’écrire 😗

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *